sept ans avant sa mort, mon père avait passé une opération pour le placement de son pace maker, cette opération s’est bien déroulée mais depuis il ne cessait de penser à la mort. Il disait souvent: peut être demain vous n’allez pas me voir, au début cette phrase me rendait triste mais après je me disais qu’il avait tord de penser à la mort si souvent et j’oubliais tout simplement cette phrase lorsqu’il la disait.
Il y avait des hauts et des bas pour sa santé mais généralement il se portait bien: dans la maison il n’avait aucun problème pour se déplacer, à l’extérieure il se sentait fatigué très rapidement. Pendant les derniers mois il avait des crises, j’ai assisté à 2 de ces crises pendant lesquelles il souffrait, il avait du mal (il ne savait pas où exactement) et parfois même il criyait. ces crises ne duraient pas longtemps parfois 5 min parfois une heure, et juste après, une fois la crise passée il se sentait très bien et ne voulait pas voir le médecin.
Le samedi 3 février, il se portait très bien, mais on a insisté à ce qu’il parte à rabat pour voir l’origine de ses crises (il en a eu une juste la veille). A son arrivé chez son médecin il a eu encore une fois une de ces crises. le médecin a jugé nécessaire à ce qu’il reste à la clinique pour 2 jours.
On arrive mal à imaginer que la même personne qui est sortie en forme de sa maison peut être dans un état si déterioré deux jours après: il était fatigué, nerveux, il parlait à peine, et n’arrivait à marcher qu’avec l’aide de deux personnes à ces cotés.
Je me souviens du jour de sa sortie de la clinique, je lui parlait dans la voiture et en lui montrant la tour HASSAN, il venait de réaliser qu’il était bien sur rabat. A notre arrivée je lui ai préparé une grande salade verte et des brochettes, il avait beaucoup aimé et il avait tout mangé j’étais très contente et je me disais qu’il pouvait très bien reprendre ses forces.
Il est resté chez moi une semaine pendant laquelle son état oscille entre amélioration et déterioration et malgré son état de santé très difficile il pensait à moi et à mon avenir et il insistait à ce que j’achète une maison car pour lui c’est rassurant pour l’avenir.
A la fin de cette semaine, il avait fait un contrôle qui était rassurant puis nous étions de retour.
A fès c’était la même chose son état oscille entre amélioration et déterioration, les deux derniers jours son état s’est amélioré nettement (il pouvait marcher sans l’aide de personne) mais une chose était notable c’est qu’il n’arrivait pas à manger même en diversifiant les mets. lui aussi était conscient de cela et faisait un effort pour manger sans y arriver, pour son dernier dinner il avait demandé de préparer du riz mais il n’a pu en manger que quelques cuillères.
Je prie Dieu de l’avoir en sa sainte miséricorde.
Amine